Radios "locale", "jeune", "sénior" ... René Marchand, qui a expérimenté ces formats à Radio France avant la libération de la bande FM, s'est est allé ... (le 17-11-2024) |
Il ne souffrait pas de leucosélophobie, le syndrome de la page blanche ! René Marchand l’un des dirigeants de l'audiovisuel les plus créatifs, s’est éteint il y a quelques jours.
Méconnu par nombre de pros de l’audiovisuel d’aujourd’hui, il est pourtant sans conteste l’un des porteurs d’innovations qui marquent l’histoire de la radio, alors que la libération de la bande FM n’est alors pas encore d’actualité… René Marchand est en 1979 Directeur de cabinet de Jacqueline Baudrier Présidente de Radio France . Sensible à son époque, il en perçoit les nécessaires évolutions. Il observe notamment la situation en Italie avec sa prolifération anarchique des stations privées. Il sent que la France aura à connaître aussi cette révolution des ondes et propose donc que le service public devance l’appel en quelques que sortes …
Pour lui, il faut que Radio France qui perdra le monopole, investisse d’ores et déjà des thématiques pour savoir répondre aux nouvelles offres que diffusera le secteur privé . La radio d’Etat ne propose alors en effet que France Inter, France Culture, France Musique, et déjà la très innovante FIP. Elles n’ont pour concurrentes qu’RTL et Europe1 au nord de la Loire, et RMC et Sud Radio au sud.
Avec la Présidente de Radio France, ils sont alors force de proposition pour que le service public se mette en ordre de marche et s'organise pour s'adapter au marché de la radio en devenir.
Le duo de choc à la tête de l'entreprise de radio publique lance alors dès 1980 5 expérimentations, au service de différents publics : la proximité, le public jeune, et les séniors. René Marchand confie ces aventures à des talents qu’il recrute au sein même de la Maison de la radio, comme Daniel Hamelin ...
Il débauche aussi journalistes et animateurs dans les stations privées comme RTL, et également en province dans les rédactions de Presse Quotidienne Régionale.
Pionniers, ils ont carte blanche pour créer ces nouvelles races de médias ! Ces jeunes pros sont prêts à tout pour inventer, imaginer, oser, beaucoup de ces aventuriers des ondes quittent à l’époque leur emploi pour un CDD de 6 mois, possiblement sans lendemain !
Les premiers chantiers sont lancés en région. 3 formats sont testés : au niveau "départemental" à Laval, à l’échelle d’une "agglomération" à Melun, et "régionale" à Lille. La veille de l’ouverture de Fréquence Nord, Jacqueline Baudrier présente la station :
Un an plus tard, elle est à Melun et confirme la poursuite de l’expérimentation et même son extension …
Radio France démultiplie ensuite les implantations en lien avec les collectivités locales, pour les frais d’équipement. C’est la constitution d'un maillage du territoire en proximité, tout en récupérant les stations déjà existantes jusqu’alors gérées par FR3.
Ces radios régionales couvrent des zones de service beaucoup plus larges que les nouvelles stations créées par Radio France.
"Nous étions pros, mais nous osions tout, mobilisés, enthousiastes, portés par le public qui adhérait massivement à ce nouveau type d’offres" témoignent les techniciens, animateurs et journalistes de cette époque des premières radios locales.
Au-delà des régions, René Marchand lance également une nouvelle offre thématique au niveau national, destinée aux séniors : Radio Bleue. Ce sont Jean-Pierre Bertrand et Alexandre Marcellin qui la créent avant qu'elle soit dirigée par Françoise Dost. Au micro, entre autres, Pascale Clark, Joël Collado, Frédérick Gersal et Frédéric Lodéon ou Jean Claude Laval ...
Journaliste de radio et de télé, René Marchand est issu de l’Ecole Nationale des Langues Orientales. Il porte beau, à l’apparence d’un Dandy plutôt conservateur …
Mais il n’en est pas moins partisan de modernité comme l’illustre la couleur d’antenne de l’autre projet qu’il pilote : la première radio de France destinée au jeune public .
"Radio 7", parce qu’elle est la septième radio créée par Radio France, après France Inter, France Culture, France Musique, FIP, RFI et donc Radio Bleue. Patrick Meyer venu d’RTL et après un passage aux Antilles prend la direction du projet pendant un an avant de créer notamment RFM. Son projet pour Radio 7 est inspiré par la bande FM américaine : c'est alors une révolution pour les oreilles, dès les premières minutes le jour de l'ouverture de l'antenne.
Parmi les personnalités à l'antenne ... Clémentine Célarié, Christhophe Dechavanne, Laurent Boyer, Michèle Halberstadt dite la Castafiore, Yves Derisbourg, Anne Brucy, Eva Bettan, Danielle Messager, Dominique Brigand, Jacques Expert, Philippe Balland...
En février 87, après 7 ans donc d’existence, et alors que les radios privées ont déjà conquis la bande FM, son budget est fléché vers la création d’un nouveau format novateur : France Info, désormais 2ème radio de France.
Plus tôt, dès 1983, René Marchand quitte Radio France. Il crée le Studio-Ecole de France, le premier établissement d’enseignement privé consacré aux métiers de l’audiovisuel.
Hors antenne et méconnu du grand public, René Marchand qui vient de s’éteindre demeure considéré comme l'un dirigeants les plus créatifs du secteur de l'audiovisuel en France. "Chaque fois que le service public a su oser, il a réussi !" témoigne l’un de ses proches. De l’intérêt sans doute de partir d’une page blanche, plutôt que tenter de faire du neuf, avec du vieux …
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 18 novembre 2024 Avec le concours d’Yves Derisbourg, Freddy Thomelin, et François Desnoyers.
|
Voir l'article |
Sondage Radio Médiamétrie de rentrée … Révolution du mode de consommation des médias clairement validée, tout comme le marketing qui est nécessaire, mais pas suffisant … (le 14-11-2024) |
Il y a tout d’abord la suprématie de France Inter qui est réaffirmée ! La station amirale du service public bat même à nouveau son record historique avec maintenant 7,2 millions d’auditeurs, soit 265 000 de plus en un an, et surtout une durée d’écoute rêvée : en hausse de plus de 15% ! Pourtant ce critère n’est pas vital pour elle...
RTL qui est dans ce cas, qui a besoin de la pub pour vivre, malgré un repositionnement de sa grille, continue à décrocher, avec 8,7 % d'audience cumulée ... Plus de 4 points d'écart désormais avec France Inter ! Mais sur le critère de la durée d'écoute la généraliste du groupe M6 devance toujours Inter, à quelques minutes près... Ce qui lui permettra sans doute, cette fois encore, de communiquer en prétendant être la 1ère radio de France !
Cette mauvaise santé d'RTL fait le bonheur de l’autre puissante offre du service public, dédiée à l’info continue. France Info est désormais sur la 2ème marche du podium à 8,9 !
Phénomène marquant également : la Remontada d’Europe 1 à 4,4% en audience cumulée. Avec les émissions de Pascal Praud et de Cyril Hanouna elle démontre que, par le positionnement de sa ligne éditoriale, elle sait capter l’adhésion d’une part du public.
Et ce malgré les contraventions de l’Arcom pour en particulier des manquements en matière de pluralisme, comme sur C8 également propriété de Vincent Bolloré dont l’autorisation d’émettre en TNT doit être confirmée par le conseil d’état demain.
Du coté des stations à fort contenu encore, RMC en revanche est en repli. A 5,2 en audience cumulée, elle perd 0,6 % en un an.
Le réseau France Bleu en revanche, après une longue période de déroute, retrouve le chemin de la conquête : 70 000 auditeurs de plus qu’a la rentrée 2023, c'est à dire + 0,1 gagné en un an ... Ca a le mérite d'exister ... Au total : 2,6 millions d’auditeurs quotidiens pour 44 stations.
Le projet ICI mobilise maintenant les 44 équipes en région. C'est la nouvelle promesse sur laquelle elles seront sondées à la prochaine vague : inventer une nouvelle race de média en complémentarité avec France 3 qui, pour ses émissions dédiées à la proximité, porte déjà la même marque. Et coté web, l’application commune dédiée à l’info de proximité s’appelle déjà ICI, depuis 2 ans.
Pour certains observateurs tout de même, du fait d'une certaine résistance au changement des équipes de part et d'autre, c’est comme si cet accouchement exigé par la tutelle se déroulait au forceps et même que la péridurale aurait été sur-dosée ! ICI apparaît comme une Belle toujours endormie tant sa raison d’être reste floue pour beaucoup, en interne comme en externe… Un plan d'action pour accompagner l'ensemble des personnels apparaît plus que nécessaire.
A propos de marque ... Ce sondage de rentrée nous offre en l’occurrence une démonstration par l’absurde, du coté du groupe détenu par Vincent Bolloré : Europe 2, devenue Virgin, puis rebaptisée Europe 2 le 1er janvier 2023... Sans évolution perceptible de son offre pour le grand public, malgré le recrutement de Benjamin Castaldi à la matinale et de gros investissements pour la communication, elle ne totalise aujourd’hui que quelques 900 000 auditeurs alors qu’elle frôlait, comme le remarque Le Parisien, les 3 millions avec Camille Combal en 2016…
Combal justement, récemment arrivé en fin d’après-midi sur NRJ à la place de Cauet, est l’espoir du groupe de Jean Paul Beaudecroux. Scénario catastophe en effet sur cette vague pour l'offre historiquement leader des musicales, bien fragilisée dans l’arène des audiences …
La légendaire panthère noire, porte étendard du groupe éponyme perd quelques 200 000 auditeurs en un an.
Bientôt, la petite sœur, Nostalgie qui poursuit, elle, sa conquête exponentielle, pourrait dépasser NRJ et deviendrait 4ème radio de France ! Son public cible, adulte, demeure fidèle à la FM, alors que les plus jeunes gens ont désormais d’autres usages pour écouter la musique. La rue Boileau changera-telle son nom pour s’appeler "Nostalgie Group" ?
Quant aux 2 stations dédiées à la grande musique, elles se portent toujours bien et même de mieux en mieux : belle santé pour Radio classique et record même pour France Musique ! La station publique sonne juste et chante clair ...
Une fois encore, mentions spéciales également pour 2 stations qui, elles aussi, s’adressent plutôt au public adulte, celui qui demeure fidèle au média radio.
Nouveau record pour France Culture : 3,8 % en AC, avec désormais 2,1 millions de fidèles chaque jour. Et stabilité à 1, 2 pour l'ORNI l’Objet Radiophonique Non Identifié du service public : FIP. Avec quelques changements dans sa continuité, la station crée en 1972 apparaît plus jeune que jamais !
En conclusion, cette réflexion d’une internaute fidèle lectrice d’e-crossmedia.com, qui n’est pas une professionnelle "de la profession" … "Ces résultats sont schizophréniques … Comment comprendre la remontada d’Europe 1 et le record de France Culture ? Ça me permet de garder espoir dans l’intelligence et la culture des Français ".
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 14 novembre 2024. |
Voir l'article |
Fabrice Collet, homme de radio s’il en est, tire sa révérence … Les ondes normandes, anglo-normandes, britanniques pleurent ce passionné, par ailleurs fidèle témoin de l’histoire pour e-crossmedia. (le 12-11-2024) |
"Allo Fabrice peux-tu me rappeler ?" . Nous sommes ce vendredi matin, il y a 5 jours, et comme assez souvent je cherche à le joindre, lui, la mémoire des ondes de la côte normande, des iles anglo-normandes et aussi anglaises. Je viens d’entendre sur une radio française que la BBC ouvre une nouvelle station dédiée à la musique classique, apaisante. Je me dis alors que personne, mieux que lui, ne peux m’en parler. Je laisse un message qui n’aura donc pas de réponse. Fabrice s’est éteint ce lundi…
Passionné de radio dès son adolescence il est de ceux qui voient éclore la première des radios locales de service public Radio Mayenne. Il l’écoute depuis Caen et participe aux jeux comme en témoigne Yves Derisbourg, animateur parmi les pionniers de cette antenne dans l’équipe de Daniel Hamelin. Ensuite, il s'y retrouve, au micro .
Il monte plus tard sa propre station depuis Jersey. Fabrice dédie son talent, entre autres, à l’audiovisuel en travaillant pour la télévision et la radio, dont la BBC.
Il y a 10 ans, il crée "Welcome Radio - D Day 70th anniversary", en AM et sur le web pour l’anniversaire du débarquement.
Cette page d’histoire dont il était l’un des plus fins connaisseurs, il a eu la gentillesse de la partager à plusieurs reprises sur e-crossmedia. Comme il y a 6 mois, avant la célébration du 80ème anniversaire en juin dernier …
Un an auparavant , Fabrice avait témoigné d’une histoire assez méconnue : la participation de journalistes au sein des troupes anglaises lors du débarquement, une première dans l’histoire …
« Les sanglots longs des violons de l’automne » pleurent un grand amoureux des ondes, débarqué ce lundi.
Passionné de technologie et de modernité, comme de l’histoire, Fabrice à sa façon ce 11 novembre a eu une fois encore une guerre d’avance. Quelle tristesse …
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 12 novembre 2024. .
|
Voir l'article |
Médias des villes et médias des champs … Comment communiquent les agriculteurs, à nouveau mobilisés ? Entretien avec Bruno Izard éleveur et ex matinalier à France Bleu. (le 12-11-2024) |
Retard sur les engagements de l’état après la crise de l’an passé, réglementation européenne, contraintes écologiques, concurrence déloyale … Il y a surtout en premier lieu les normes extrêmement strictes imposées ici, alors que l’importation de produits d’ailleurs, qui utilisent des substances interdites, pourrait être autorisée...
Le traité dit "du Mercosur", c’est-à-dire entre l’Union Européenne et la zone de libre-échange entre le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay et la Bolivie, enflamme à nouveau le secteur agricole.
Coup de fil à Bruno Izard, éleveur dans le Puy de Dôme à Laqueuille entre le Sancy et la Chaîne des Puys au cœur du parc National des Volcans. Il a choisi de reprendre l’exploitation familiale il y a 12 ans, après des années au micro en matinale sur France Bleu Pays d’Auvergne. "Comment concerner tous les publics, les urbains et les gens des campagnes dont l’agriculture est non seulement le gagne-pain mais aussi la raison d’être … C’est toute la difficulté que j’ai moi-même bien connu en m’adressant à la radio aux citadins de la grande agglomération de Clermont Ferrand mais aussi aux ruraux de moyenne montagne. Avec le risque que les sujets importants pour les cultivateurs ou les éleveurs soient relégués en fin de journal, comme une page en couleur… Quand un journaliste de média national arrive dans une exploitation, très vite ses questions tournent au magazine. Ils n’ont souvent jamais mis les pieds dans une ferme, et du coup posent des questions "bateau".
"La question de fond pour laquelle le reporter est venu n’est finalement pas traitée puisque le papier ou le rendu à l’antenne tournent à une sorte de carte postale sensée séduire une plus large audience. C'est folklorique…"
Il y a aussi les sujets "marronniers", qui reviennent chaque année à la même époque … "C’est le cas ces jours-ci avec la grippe aviaire qui frappe, comme chaque année désormais, les éleveurs de canard. Les grands médias s’y intéressent tous par ce que les fête de Noël approchent et que cette crise risque de faire grimper le prix du foie gras ! La question de fond, ce sont les contaminations dues aux oiseaux migrateurs, et la difficulté de protéger les élevages avec des campagnes de vaccination adaptées. Mais cette dimension là intéresse seulement les professionnels …"
Tout de même, les médias de proximité doivent échapper un peu plus à ces travers ? "En effet, que ce soit avec les radios et télévisions locales et régionales, ou la PQR. Souvent, il y a des journalistes spécialisés au sein des rédactions, qui eux suivent réellement les dossiers et la vie des exploitations".
Vous êtes récemment intervenu à l’antenne en direct de votre exploitation …
"Souvent, des pages spéciales ou des magazines bien identifiés sur les supports permettent de parler des questions de fond. C’est encore plus le cas évidemment avec la presse spécialisée comme France Agricole, "Auvergne Agricole" ici chez nous, ou encore "Eleveur Laitier". Mais ces parutions sont en difficulté … Et puis bien sur il y a le web qui monte en puissance avec ses influenceurs qui parfois proposent des contenus de qualité. Mais il y a aussi des fake-news, et même de l’Agri Bashing !"
"Quelqu’un, en se promenant par exemple, prend une photo d’une vache allongée et la publie en accusant l’éleveur de maltraitance animale et ça fait le buzz. Alors qu’en fait, la bête n’est sans doute, comme ça nous arrive à nous les humains, que fatiguée par une banale poussée de fièvre …"
Les réseaux sociaux sont aussi utiles tout de même dans le monde agricole comme dans tous les secteurs en période de crise : cela permet aux agriculteurs internautes de se fédérer et de monter des actions comme celles annoncées ces prochains jours … "Evidemment … Mobiliser une cinquantaine de tracteurs pour bloquer une préfecture, ça se fait maintenant en 2 heures ! Mais cette année, la mobilisation ne devrait pas être aussi longue qu’en 2023 …"
"Les agriculteurs sont fiers de nourrir les Français avec une alimentation de qualité. On a envie de dire aux Français qu'on a besoin d'eux pour nous soutenir !" dit le Président de la FNSEA… Il appelle sur France Inter ce mercredi matin à la mobilisation pour lundi. "A la différence de l’an dernier, les organisations syndicales vont tout faire pour maîtriser leur base, parce que dans 2 mois il y aura les élections dans les chambres d’agriculture. La mobilisation et les acquis qui seront obtenus pèseront lourd dans la compétition entre les organisations professionnelles".
"Même si l’enjeu du refus du traité avec le Mercosur est pris en compte par le gouvernement, le monde paysan considère que les promesses de sortie de crise de l’an dernier n’ont pas été honorées. Seule la question de la taxe sur le carburant GNR a avancé. Le reste est en suspend, car cela dépend d’une loi qui a été mise en pause du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale".
Au-delà des crises, les médias ont tout de même un regard plutôt empathique avec le monde agricole … "Des youtubeurs font en effet le buzz sur internet, des jeux vidéo dédiés ont beaucoup de succès en ligne, sans oublier "L’amour est dans le pré" qui cartonne toujours sur M6 et même l’élection, chaque année de Mister Agriculture ! "
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 13 novembre 2024.
|
Voir l'article |
Les "Journaux des tranchées" publiés par les poilus de 14-18 méritent les honneurs. Ils sont les précurseurs des soldats ukrainiens qui partagent aujourd'hui leur guerre sur les RS. (le 11-11-2024) |
Les pansements, le tabac, le vin, les enterrements, les cafards, les parasites … Voilà les thèmes récurrents de ces Journaux des tranchées qui ont préfiguré les blogs et publications actuels sur les réseaux sociaux !
470 journaux français ont été publiés ! Surtout à partir du moment où la position des armées s’est figée et qu’ont débuté donc les face à face des troupes ennemies.
Comme aujourd’hui prolifèrent sur le web les articles, les photos et les vidéos qui ensuite génèrent des commentaires et des échanges, Ces journaux écrits sur les champs de bataille durant la grande guerre témoignent surtout de la volonté spontanée des poilus eux-mêmes de renforcer l’unité de la troupe. Ces publications deviennent des éléments fédérateurs et sont d’ailleurs vues avec bienveillance par la hiérarchie.
A l’instar des militaires ukrainiens qui, dès le début du conflit avec la Russie il y a 2 ans et demi, ont communiqué eux-mêmes sur les réseaux sociaux en publiant des vidéos …
Comme à Verdun, les soldats internautes d’aujourd’hui en Ukraine montrent les échanges de tirs nourris, les combats presque au corps à corps dans les tranchées, la reconquête boyau par boyau, casemate par casemate. Les poilus comme d’ailleurs les soldats allemands de 14-18, cherchent déjà aussi à maitriser par eux même le récit de leur histoire. Leur but est de partager la réalité de ce qu’ils vivent. Alors que dans le même temps, la Presse professionnelle loin du front est censurée par l’Etat, pour que ne soient pas divulguées à l’ennemi des informations, comme cela avait été le cas en 1870.
Comme en témoigne le site du "Musée du Temps" de Besançon. "En 1916, le journal de tranchée "Le sourire de l’Escouade" rend hommage à toute l’équipe de rédaction Ils sont tous décédés la veille, lors d'une attaque… Comme les militaires internautes qui publient aujourd’hui depuis leurs smartphones, les rédacteurs sont de simples soldats, sans aucune qualification journalistique.
Une autre dimension renvoie aux pratiques actuelles sur le web … Chaque journal de tranchée fait ainsi allusion aux autres canards dans un souci fraternel, avec toujours le souhait d’un retour positif.
L’attente, l’ennui sont l’objet de nombreux articles ou de poèmes. Mais les nouvelles armes, comme le gaz, font l’objet également de véritables reportages. Et surtout la vie quotidienne est décrite sans filtre, sur un ton souvent trivial et souvent aussi morbide. La cuisine, la soupe, les corvées sont illustrées de dessins et inspirent même de nombreux jeux de mots… Comme de nos jours en Ukraine ce soldat Youtuber est désormais célèbre pour ses recettes de cuisine diffusées depuis le front.
Durant la grande guerre, une autre rubrique est également récurrente : la mode ! Le passage du pantalon rouge au bleu horizon est très commenté, de même que l'arrivée des masques à gaz.
Mais l’objectif premier, c’est tout de même de divertir le soldat, même si la haine des planqués loin du front fait l’objet de nombreux articles, tout autant que le manque des proches chéris à l’arrière …
La liberté de ton reste de mise, pour entretenir par l’humour le moral des Troupes, même si à partir de 1917 Pétain tente de les contrôler pour éviter qu’ils deviennent, comme aujourd’hui les réseaux sociaux, des moyens de communication susceptibles d’organiser des mutineries... A l’image de celle racontée au cinéma par Christian Carion en 2005 dans "Joyeux Noël", mais qui n’a pas marqué l’histoire par un article de journal de tranchée. Il n’en existait pas à cet endroit... C’est par des lettres des soldats envoyées à leur famille que la fraternisation entre troupes ennemies le 24 décembre 1914 a été connue de la hiérarchie.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 11 novembre 2024. |
Voir l'article |
Pétitions pour le sauvetage de C8 : celle de la chaîne … Mais aussi une lancée par le Rassemblement National ! Gros plan sur la politique, l’idéologie et l’irrespect de la loi. (le 10-11-2024) |
J - 5 … C8 et NRJ12 ont rendez-vous vendredi devant le Conseil d'État, pour tenter de conserver leurs fréquences TNT : elles devraient les perdre à la fin du mois de février 2025 d'après la décision de l'Arcom prise cet été. L'organe régulateur s'est prononcé après avoir auditionné les animateurs et dirigeants de diverses chaînes de la TNT. En attendant, les 2 chaînes tentent de mobiliser les foules sur le web et sur leurs antennes, pour faire pression...
A propos de C8 détenue par Vincent Bolloré, un appel retient l'attention : une pétition lancée par le Rassemblement National sur son propre site. Cette initiative apporte évidemment de l'eau au moulin des détracteurs de la ligne éditoriale défendue par la chaîne.
Le site du parti présidé par Jordan Bardella argumente : "Pour ceux qui nous gouvernent, la diversité des opinions est par essence insupportable. Ils cherchent, petit à petit, à la faire disparaître pour que toutes les chaînes et radios délivrent le même message que l’audiovisuel public : un panel de toutes les nuances de gauche".
Quelques politiques n’ont pas manqué de s’insurger également contre la décision de l’Arcom comme Éric Ciotti, ex-patron des Républicains, désormais allié de Marine Le Pen : "Un scandale démocratique : la censure de C8 par l’État".
Le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier dénonce, lui, "Une attaque sans précédent contre la liberté d’expression et la pluralité".
A gauche en revanche, Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine et cheffe de file des socialistes sur les questions audiovisuelles, se réjouit : "C’est une décision logique vu l’accumulation des manquements et une très bonne nouvelle".
A droite et au centre, même satisfécit ... pour Laurent Lafon, Union centriste, Président de la commission "culture" au Palais du Luxembourg : "L’ARCOM a affirmé son autorité et a pleinement joué son rôle".
Cédric Vial député "Les Républicains" de Savoie et proche du 1er ministre Michel Barnier, souligne que la TNT est un bien public confié à des acteurs privés, qui n’en sont pas titulaires indéfiniment... "C’est comme en Ligue 1 pour le foot. Pour que certains puissent jouer en première division, il faut que d’autres en sortent. L’ARCOM a dû considérer que ceux qui ne respectaient pas les règles, et étaient régulièrement sanctionnés, ne pouvaient plus participer".
Pluralisme de l’information, maîtrise de l’antenne, publicité, diffusion… Au moins quarante-sept mises en garde, mises en demeure et amendes ont été prononcées contre les chaînes du groupe Bolloré depuis 2012, dont onze depuis le début de l’année 2024 : surtout pour la chaîne généraliste C8 mais aussi à l’encontre de la chaîne tout info CNews... Comme le montre ce graphique publié par Le Monde :
C’est ce qui a motivé la décision de l’Arcom de supprimer l’autorisation d’émettre à C8 comme l’explique le Président de l’organe de régulation Roch-Olivier Maistre
L’un des animateurs les plus populaires de la chaîne, visé par plusieurs sanctions de l’Arcom pour son émission TPMP a lui, une tout autre analyse. Cyril Hanouna l’explique dans son émission de fin d’après midi sur Europe1, la station généraliste, elle aussi propriété de Vincent Bolloré.
Toujours est-il que cette décision de stopper la diffusion de C8 ou non intervient alors que la chaîne enregistre ses meilleures audiences, selon son Président Gérald-Brice Viret.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 10 novembre 2024. |
Voir l'article |
Les 40 solitaires du 10ème Vendée Globe partageront dès ce dimanche leur aventure sur les médias et les RS : témoignages extrêmes, mais désormais simples comme un coup de fil ... (le 09-11-2024) |
Il est loin le temps où pour communiquer avec les bateaux, leurs équipes, leurs familles et les journalistes se réunissaient, presque religieusement, au PC de la course ... Ces vacations par l’intermédiaire de Saint Lys Radio permettaient depuis 1948 de communiquer comme avec tous les navires sur la planète. Depuis un émetteur en ondes courtes embarqué à bord, le contact était alors établi avec la station proche de Toulouse … Les liaisons audios n'étaient pas toujours confortables, les écouter avait quelque chose de magique !
Comme le raconte le skippeur Loïck Peyron à France Bleu … "C'est par l'intermédiaire de Saint-Lys que j'ai été papa pour la première fois ! J'ai entendu les cris de ma fille qui venait de naître, alors que j'étais au large des îles Kerguelen, dans l'océan Indien, lors du premier Vendée Globe.".
Puis à l’approche de l’an 2000, les satellites changent la donne. Après 50 ans de bons et loyaux services Saint Lys Radio n’est plus utile et ferme. D'ailleurs dès 1996, Isabelle Autissier et Christophe Auguin embarquent un téléphone par satellite. Les nouveaux appareils ne sont pas encore très pratiques. Auguin doit par exemple orienter le couvercle de sa valise électronique dédiée aux communications pour viser le satellite comme le font alors les teams engagés sur le Paris Dakar… Mais c’est loin d’être aussi facile quand on est en mer !
Depuis, l’évolution est spectaculaire ! L’électronique embarquée permet de localier très précisément la position de tous les concurrents via le GPS. Et donc comme à terre, la connexion avec une qualité de son et d’image de qualité numérique est simple comme un coup de fil. Même si le marin est dispute sa course seul à bord, il a evidemment moins à souffrir de la solitude.
Pour le magazine "Voiles et voiliers" … "Il faut dire que désormais les louves et loups de mer sont pour la plupart des digitaux natifs ! Ces concurrents de nouvelle génération considèrent parfaitement "naturel", et même simple, de ne pas interrompre sa relation "live" avec leurs proches et leur équipe. Cette évolution semble aller de soi, mais elle marque, de fait, une rupture dans l’ADN de la course. Il intègre parmi ses éléments clés cette précision : "sans assistance". De nombreux concurrents font appel, et souvent plusieurs fois par jour, à leurs coachs mentaux, leur médecin, leur équipe à terre. C’est un tournant majeur qui compte au-delà du rapport au public et à la médiatisation qui permet financièrement l’organisation des compétitions !"
D’ailleurs, comme le précise l’hebdo "Stratégie" … "La retransmission en direct du départ ce dimanche midi sera suivie bien plus largementqu'en 2019, partout sur la planète Il y aura 60 diffuseurs ce dimanche contre 41 lors de l'édition précédente, parmi lesquels, 19 diffuseurs français et 41 internationaux. Les images de la course seront également mises en ligne sur les réseaux sociaux, ce qui profite aux skippers, mais aussi à leurs partenaires. Le budget du Vendée Globe est passé de 16 M€ en 2020 à 25 M€ en 2024.
Cette fois encore les 40 concurrents vont se raconter relayés par les médias traditionnels, mais aussi leurs réseaux sociaux, ceux de leurs sponsors, et également de l’organisation... Mais ces témoignages n’intègrent donc aucune analyse aucun recul . "Du coup, il arrive que certains marins regrettent parfois d’avoir confié certaines infos, dont les internautes se sont emparés avec gourmandise, à terre. Aussi légendaire qu’il soit, le Vendée Globe n’échappe pas aux faiblesses et petitesses de notre société…"
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 9 novembre 2024.
|
Voir l'article |
Donald et Elon à "Maurice" n’auraient pas pu y faire le buzz... Sur cette île, République de l’Océan Indien pendant les législatives : pas de réseaux sociaux ! (le 07-11-2024) |
C’est la conséquence d’écoutes téléphoniques illégales … Des extraits de conversations privées de personnalités politiques, de diplomates ou encore de journalistes, ont fuité sur internet et en particulier sur les plateformes numériques de social média.
Alors en pleine campagne des législatives, le gouvernement de Maurice, l’ile sœur de la Réunion au large de Madagascar n’a pas fait dans la demi-mesure.
Facebook, Instagram, TikTok et X ont été rendus inaccessibles pendant la campagne. Ils ne devraient pas l’être à nouveau avant le lendemain de l’élection, c’est à dire le 11 novembre.
Selon le bureau du premier ministre Pravind Kumar Jugnauth : "Il existait un risque réel que la sécurité nationale et l'intégrité de notre République et de nos partenaires internationaux soient compromises".
L’opposition s’insurge : "C'est le dernier acte désespéré d'un régime en déroute", affirme Nando Bodha, chef du groupe Linion Reform. "Il attaque de front les droits fondamentaux des citoyens garantis par la Constitution, y compris la liberté d'expression".
La jungle caractéristique des réseaux sociaux, surtout en période électorale comme ce que viennent de vivre les Etats Unis, ne convient manifestement pas aux dirigeants de ce paradis d’un million 300 000 habitants, plutôt prisé pour ses plages, ses lagons et ses récifs… Il y a 4 ans déjà, le projet de contrôle d’internet annoncé par le gouvernement avait fait craindre une chasse aux prédateurs numériques.
Le 17 mai 2020, était en effet présentée la TIC, la loi sur les technologies de l’information et de la communication, dont l’application conduit aujourd’hui à la suspension des réseaux sociaux. Son but : les réglementer, lutter contre leur abus et leur mauvaise utilisation.
D’emblée, les pros du web et les défenseurs de la liberté d’expression s’étaient émus … "S’ils sont mis en œuvre, ces amendements auront de graves conséquences pour tous les utilisateurs d’Internet à Maurice. Des organisations de premier plan, comme AccessNow, Mozilla ou Google avaient considéré que cette proposition allait nuire de manière disproportionnée à la sécurité d’Internet.
L’idée avait d’emblée été plombée en plongeant dans le marigot politique … "Il est évidemment nécessaire de répondre à la prolifération des discours de haine, de la désinformation et d’autres formes d’activités illicites en ligne, et l’île Maurice n’est pas le premier pays à prendre des mesures en ce sens. Cependant, la proposition de la TIC ouvre la porte à d’innombrables conséquences imprévues, et met en danger la confidentialité et la sécurité des internautes de l’île Maurice. De telles mesures ne l’aideront pas à se profiler comme une destination commerciale attrayante et découragera les entreprises technologiques d’y établir des bureaux pour profiter de la main-d’œuvre hautement qualifiée et des règles fiscales avantageuses".
Qu’importe donc … Pour les fake-news ou les propos de bas étage, Maurice ce n’est décidément pas l’Amérique ! A la manière du lagon qui protège naturellement des squales les plages paradisiaques de l’île, les requins du web n’y ont, temporairement en tous cas, pas accès …
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 8 novembre 2024.
|
Voir l'article |
Notre "cher" service de l'audiovisuel public : âpres débats à l'Assemblée Nationale du fait des réductions budgétaires pour 2025. (le 07-11-2024) |
"Une trajectoire de sacrifice" juge la Présidente de Radio France, "Un effort qu’on ne sait pas faire au 1er janvier sans toucher à nos missions" ajoute celle de France Télévisions … 81 millions d'euros en moins par rapport à la trajectoire prévue il y a un an, avaient déjà été actés début octobre. Mais l’ardoise risque bien de s’alourdir puisqu’en début de semaine le gouvernement a ajouté des amendements qui supprimeraient encore 50 millions !
La discussion sur le financement de l’audiovisuel public tourne au casse-tête pour ne pas dire au cauchemar à l'Assemblée Nationale, compte tenu des économies demandées à tous les secteurs pour le budget 2025…
Même Céline Calvez, de "Ensemble pour la République" dans les Hauts de Seine, reconnait que des "missions de service public" nécessiteraient "une trajectoire financière réaliste et soutenable. Ce n'est nmalheureusement plus le cas, et cela dès 2024" … Elle regrette tout de même également que le détail des Contrats d’Objectifs et de Moyens qui lient chaque année les entreprises à l’état ne soient plus d’actualité …
Plane donc toujours, comme elle le précise à la fin de son intervention, la question de la gouvernance de l’ensemble des entreprises publiques …
Ce projet porté par Rachida Dati depuis son arrivée rue de Valois l'hiver dernier, et reconduite par Michel Barnier, serait-il, en fait, simplement et stratégiquement mis de côté, ajourné ?
Violette Spillebout, élue centriste dans le Nord, prend elle aussi fait et cause pour l'audiovisuel public. Pour autant, elle réaffirme la nécessité de l’évolution des entreprises et leur rapprochement, puisqu’il n’est plus, pour l’heure, question de "fusion".
La députée Violette Spillebou, en attendant, insiste sur 3 priorités : l’action régionale, le numérique et la jeunesse.
Le Rassemblement National continue au contraire à souhaiter en réalité la privatisation d’une large partie de l’audiovisuel public ... Ce serait l’une des réponses aux difficultés budgétaires globales auxquelles est confronté le pays. Bruno Clavet, député du Pas de Calais.
Osant un trait d’humour, pour beaucoup sarcastique au matin de la seconde élection de Donald Trump, Caroline Parmentier, également du RN et élue dans le Nord, en rajoute une couche.
Pour l’extrême droite, les radios et télévisions de service public n’honorent pas leur mission du fait de leurs lignes éditoriales qu'elle juge partisanes …
Sans surprise, parti pris opposé de la gauche. Elle prône, avec le centre, un renforcement des entreprises de l'audiovisuel public. A la condition tout de même que les moyens alloués puissent être validés et contrôlés par la représentation nationale. Sophie Taillé-Polian députée Ecologiste du Val de Marne.
Le Sénat a en tous cas approuvé fin octobre la pérennisation du mécanisme du financement. Il reposera désormais sur l'affectation annuelle d'un "montant d'impôt d'État", comme la TVA.
S’agissant de service public, il est en effet question, du côut à assumer pour que sur le marché, par rapport au privé, il ait toujours les moyens de produire, même en se réformant et actualisant ses process, une offre à réelle "valeur ajoutée" …
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 7 novembre 2024.
|
Voir l'article |
X raisons de comprendre pourquoi Elon Musk a acquis Twitter, et va peser lourd dans la future administration US à nouveau présidée par Trump ... (le 06-11-2024) |
"Les médias traditionnels sont constitués de mensonges constants, et d’appâts à clics ... 𝕏 est une source fiable d'informations". Elon Musk.
Et voilà aujourd’hui, avec la réélection de Donald Trump, une explication à une question que de nombreux observateurs se posaient depuis 2 ans … Mais pourquoi donc Elon Musk a-t-il racheté Twitter en perdant au passage une fortune ? Comme l’écrivait alors Télérama … "On peut se permettre quelques caprices lorsqu’on est l’homme le plus riche du monde. Comme lancer une OPA hostile sur Twitter pour la modique somme de 43 milliards de dollars, à 54,20 dollars l’action. Ce jeudi 14 avril 2022, Elon Musk a surpris son monde en proposant de racheter le réseau social, "intuitivement convaincu qu’une plateforme publique de confiance et inclusive est très importante pour l’avenir de la civilisation".
2 ans plus tard, Donald Trump lui a rendu cette nuit un vibrant hommage, dans son discours en Floride.
Elon Musk lui, sur son compte personnel X, salue le retour du milliardaire de Floride à la Maison Blanche. Mais aussi le record de connexions enregistré ce mardi 5 novembre par sa plateforme !
Avant de l’acquérir il y a 2 ans, Elon Musk jurait sur Twitter qu’il préférait "se tenir à l’écart de la politique". Mais ses vues sur le réseau social n’étaient en réalité pas dénuées d’arrière-pensées idéologiques. Il se disait "Libertarien" convaincu, et soi-disant soucieux à l’époque de ne s’aliéner aucun des deux grands partis américains. Il prétendait n’être qu’un absolutiste de la liberté d’expression. Mais il se positionnait tout de même sur l’évolution qu’il entendait mettre en œuvre quand la plateforme lui appartiendrait … "Il faut être très vigilant avec les bannissements permanents, je pense que les exclusions temporaires sont meilleures". Un appel du pied à Donald Trump, viré des grandes plateformes après la prise manquée du Capitole en janvier 2021 !
Elon Musk lui même a été, avec son réseau X, le plus grand soutien de Donald Trump durant sa campagne. Les commentaires sur son compte personnel ce mercredi matin l'attestent :
Du coup, comme le note le Figaro ce mercredi matin … "L'action de sa firme de voitures électriques Tesla a grimpé de près de 13% dans les échanges d'avant-séance à Wall Street !" Le JDD ajoute … "Plusieurs observateurs évoquent la possibilité que Musk se voit offrir un rôle officiel dans une administration Trump, en tant que conseiller spécial sur les questions technologiques et économiques. Son expertise en matière d’intelligence artificielle, d’énergie renouvelable et de transport pourrait en faire un allié précieux dans un gouvernement républicain, surtout à un moment où les questions technologiques sont au cœur des débats économiques et sécuritaires".
A Washington, la prestigieuse revue reconnue dans le domaine de l’anticipation, "The Atlantik", s’inquiète : "Beaucoup d’autres titans de la Silicon Valley se sont associés à Trump. Mais c’est Musk qui est sur le point de réaliser le fantasme techno-autoritaire absolu. Avec l’influence dont il dispose, il va pouvoir prendre le contrôle de l’État, au lieu de simplement s’enrichir".
Avec un large sourire, Elon Musk publie dès ce mercredi cette photo-montage sur son compte X personnel. Il reprend l'idée du visuel choisi le jour où il a acquis Twitter … Mais cette fois ci, la "téléportation" atterrit dans le bureau ovale …
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 6 novembre 2024. |
Voir l'article |
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !