Ejecté de la TNT, Hanouna démontre en une semaine que son audience est aussi forte
en étant désormais diffusé sur les plateformes, via les RS et sur les boxs.
En radio aussi, les supports traditionnels perdent du terrain,
au profit des canaux de diffusion digitaux.
Une évolution essentielle pour démultiplier les chances d'aller à la rencontre des différents publics qui révolutionnent leurs usages.
A l'image de Sud Radio.
Coup de fil à Patrick Roger,
journaliste et ex-dirigeant
à France Info, France Inter, Europe 1, TF1, BFM TV, CNews,
Il est directeur général de Sud Radio depuis 9 ans
et co-anime la matinale.
"Notre communauté atteint un million d’abonnés !
C’est une étape majeure pour Sud Radio qui conforte du coup son positionnement
dans le paysage médiatique désormais numérique.
On s’est vraiment imposé, parce qu'on a fait ce choix il y a quelques années
d'investir aussi la diffusion de notre offre via le web et les plateformes
en plus de la FM et désormais du DAB+.
Ce chiffre très fort est symbolique,
c'est la récompense du travail mené par les équipes."
Au fond,
la motivation de choisir une station ou une autre est la même
quel que soit le canal,
de la FM ou du DAB, ou bien des plateformes ?
"Cette montée en puissance repose sans doute d'abord sur notre liberté de ton,
et la complicité avec notre public.
Les internautes-auditeurs savent que chez nous,
on aborde des sujets évités par certains médias traditionnels,
ça renforce notre ancrage."
"Mais la forme compte aussi.
Le fait d’être "regardés" via le web
et pas seulement "écoutés"
est une donnée importante.
Voilà pourquoi depuis un an et demi,
quand on a déménagé,
nous avons amélioré nos studios pour nous adapter,
à la fois pour la prise de son, mais aussi celle de l’image.
Il s’agit de proposer une qualité de diffusion comparable à celle des chaînes de télé".
Ça sous-entend de fortes remises en question …
"Il a déjà fallu que l’on qu’on évolue
vers une offre qui s’apparente à une plateforme de global média.
Pour l’heure, l’ajout d’images de complément
comme des photos d’illustration ou des cartes, des courbes, de l’infographie
n’est pas à l’ordre du jour,
mais il va falloir y penser et il est fort probable que nous investissions dans ce sens.
Toutes ces innovations qui prennent en compte l’image pour apporter de la valeur ajoutée au média radio traditionnel
sont possibles d’ailleurs grâce à la technologie.
Il faut également construire de nouveaux concepts au service de l’antenne
pour augmenter les possibilités d’interaction avec le public.
On s’adapte aux nouveaux modes de consommation."
Et quelles sont les incidences pour le cœur de métier des intervenants à l’antenne ?
"On continue à penser "radio" avant tout, cela reste notre ADN,
mais il évolue.
C’est pour ça qu’on a soigné notre décor récemment,
nos studios sont plutôt agréables à regarder à l’écran et surtout ils sont modulables."
"Pour les journalistes et les animateurs,
il ne s’agit pas qu’ils adoptent la même posture que quand ils interviennent sur des plateaux de télé.
On n’a pas cette intention là ...
Bien qévidemment,
il ne s’agit pas de se présenter débraillé ou totalement avachi face à son micro !
Il faut penser un minimum à la présentation,
puisqu’on sait que derrière ça peut être répercuté sur l’ensemble des réseaux !".
"En 2024 on a totalisé plus de 40 millions d’écoutes digitales :
c’est énorme et révélateur !"
"Médiamétrie réfléchie et essaie d’intégrer de nouveaux outils,
mais ça n’avance que doucement parce que c’est un peu complexe,
C’est vrai qu’une nouvelle forme de calcul
pour prendre en compte l’ensemble des modes de consommation des médias,
y compris par exemple YouTube serait nécessaire,
en ne se limitant plus aux canaux de diffusion traditionnels !"
23% du volume d’écoute de la radio provient des supports numériques selon Médiamétrie,
principalement sur les téléphones mobiles.
La transition vers le digital est particulièrement marquée chez les catégories socio-professionnelles supérieures.
Pour mieux traduire cette digitalisation des usages,
la mesure des audiences radio évolue.
Elle prend désormais en compte les différents flux de diffusion (FM, DAB+, online, replay)
et intègre la mesure des contenus radio hors antenne, comme les podcasts natifs.
Quand les chiffres d'audience sur les plateformes et via les RS seront-ils aussi comptabilisés ?
Thierry Mathieu,
e-crossmedia,
le 9 mars 2025.
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !